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Archive for the ‘La semaine de cinéma’ Category

 

L’heure est à l’aventure : dans les profondeurs de la terre pour certains, vers la vengeance pour d’autres ou dans un canyon traître. L’actualité est en effet dominée par trois mastodontes venues de nos bons amis américains : Sanctum, True Grit et 127 heures. Laissons aux autres patriotes et amis des sucreries le soin de commenter la chose. Naturellement, je ne lorgne pas d’un mauvais œil la dernière production des Coen mais le temps m’a manqué jusqu’ici.

 

De l’autre côté du monde, et avec des moyens sans commune mesure, la Chine nous envoie un objet étrange intitulé Winter Vacation. Li Hongqi, coupable d’avoir réalisé cette forme très libre et déroutante a remporté le Léopard d’or à Locarno l’été dernier. Savoir combien pèse un félin comme ça dans l’histoire du cinéma relève de l’impossible. Consultez la liste des récompenses depuis la naissance du festival en 1946, vous vous ferez peut-être une petite idée. Plus sérieusement, Winter Vacation nous plonge dans le quotidien d’élèves, de familles passionnantes et d’enfants en pleine crise existentielle, dans une ville paumé et chinoise. Les jeunes, sans école donc, échangent des discussions qui ne mènent nulle part et sont aussi souriants que peut l’être un chat mort sur une nationale. Les enfants, eux, se posent des questions pas de leur age et l’on croit par instant qu’ils ont mangé un adulte. Quant à eux, les adultes, ils servent simplement de décors et demeurent profondément accessoires et inaccessibles dans leur mutisme. Composez le tout à grands coups de plans fixes, de dialogues moitié figue, moitié raisin, ajoutez-y une bande son énigmatique, aux accents électriques déplacés et vous ne serez pas loin d’obtenir la matière de Winter Vacation. Malgré tout, nous nous surprenons à rire parfois devant le désœuvrement de ces êtres d’où s’échappent des phrases banales qui, dans le contexte du film, prennent un tour tout autre. Cependant, on envisage facilement que les réactions se font différentes selon les pays (à ce propos, voir L’humour a-t-il une géographie?). Grotesque, sardonique, amère et absurde forment ce film impossible où l’avenir ne propose rien de prometteur, la famille semble inefficace et l’ordre social un fardeau. À découvrir pour les plus courageux.

 

Un autre objet intriguant émergeait cette semaine : Exit, una storia personale, film italien écrit, réalisé et produit par Massimiliano Amato. Revendiqué comme le premier film indépendant réalisé et projeté en HD numérique (grand prix de la phrase promotionnelle inutile de l’année), Exit donne mal à la tête. Réalisé avec les moyens du bord : une caméra HD, dont on perçoit fréquemment le souffle et une grosse dose de courage, le film ne parvient pas à tenir debout. Plans montés dans une frénésie maldroite, ellipse floue, temporalités élastiques, interprétation inégale constituent un travail profondément amateur assez déstabilisant. Quelques moments de réussite existent malgré tout, mais peinent à faire pencher la balance dans le bon sens. Dommage, car le thème du film méritait une sobriété dont à manquer Amato. S’il se trouve de passage des défenseurs de ce film qu’ils n’hésitent pas à le commenter ci-dessous. La projection cessa pour moi à la première demie-heure. Le difficile exercice de faire œuvre de cinéma en maniant le désordre sans virtuosité m’a jeté de la salle.

 

Troisième chapitre des sorties hebdomadaires, le nouveau forfait de Jonathan Nossiter (Mondovino) : Rio Sex Comedy, un titre farfelu, au combien évocateur de cette fable humoristique aux érections infidèles. Il y a donc du rire et des parties de jambes à l’air sous les latitudes chaudes de Rio. Mené par un pitch tordu : un ambassadeur des États-Unis s’évanouit dans une favela pour fuir ses fonctions, une chirurgienne conseille les candidates aux opérations esthétiques, un couple de Français s’installe à Rio et une tribu d’autochtones fait le délice de touristes dans un simulacre d’authenticité, le film multiplie les rebondissements. Aux commandes des rôles, Bill Pulman campe l’ambassadeur, Charlotte Rampling la chirurgienne, Irène Jacob et Jean-Marc Roulot le couple de Français entre autres. Casting international pour film trilingue (anglais, français et portugais). Tout ce beau monde se croise dans une logique intenable mais pleine de rythme. De la favela sans Orphée, le regard s’arrête sur les quartiers riches où des femmes en plastique rêve d’avoir toujours vingt ans. De la favela encore, des guides touristiques font une présentation sensationnelle et des témoignages de domestique viennent étayer le reportage sur leurs conditions de travail et de vie que mène Irène Jacob. Et c’est encore là-bas que se rendent les hommes français tombés sous le charme des rondeurs brunes des Brésiliennes, les bras chargés de présent tels de maladroits rois mages. Tout s’emmêle et tourbillonne dans un délicieux désordre où chacun vit le moment présent sans forcément penser aux conséquences. À cet égard, Rio Sex Comedy possède quelque chose d’adolescent et fou dont il serait dommage de se priver.

 

Par ailleurs, Gulliver ressort des placards, pour le pire semble-t-il mais en 3D.  Mélanie Laurent flingue sur contrat dans Requiem pour une tueuse. Bollywood, rap et sans-papiers sont passés au shaker dans Toi, moi, les autres. Mais y va où le monde? fait dans la partie de campagne aux accents altermondialistes. La flûte et le grelot vient délicatement mettre un peu de poésie animée sur les écrans et Amours salés, plaisirs sucrés donne de la papille et le cœur à qui veut.

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Le programme , très riche (douze plats), met de nombreuses victuailles sur notre table audiovisuelle. Pour qui veut du flingue, il y aura de quoi (Largo Winch II). Ceux qui veulent du sexe embrouillé (Sex Friends), il y a ce qui faut. Du gros rire qui tache aussi (Halal police d’état). Puis de la paella (Les femmes du sixième étage), un bon chianti (La Bella Gente) et même de la bouffe d’hôpital (La petite chambre). Pour ceux qui ne sont pas très affamés, l’ectasy est offert (Jewish Connection). Et pour ceux qui n’apprécient pas les Audi, nous trouverons des modèles plus singuliers en Iran (The Hunter). Enfin, les nains de jardins se déchirent en animation (Gnoméo et Juliette), tandis que fidélité et jalousie font sourire Guillaume Canet aux États-Unis (Last Night) et que les échos de 1973 au Chili nous ramènent sur terre (Santiago 73, Post Mortem).

 

De mon côté, quatre films ont retenu mon attention. En premier lieu, La petite chambre, sûrement pour la participation de Michel Bouquet. Finalement, cette histoire aux destins croisés, dont les parallèles sont tirées entre un homme qui refuse de vieillir et une femme qui n’accepte pas le décès de son enfant, tombe un peu à plat. Je crois que la photographie y est pour beaucoup dans cette déception. Les cadrages pèchent d’un manque de réussite certain et le film ne fait pas preuve d’une grande virtuosité visuelle. Cette chambre se remplit d’innocence et le drame peine à s’installer. Côté interprétation, Éric Caravaca convainc ainsi que Michel Bouquet, dans son rôle de vieil acariâtre. Cependant, le jeu de Florence Loiret-Caille reste en dessous des rôles masculins comme si elle ne parvenait pas pleinement à incarner son personnage. Dans les faits, Rose (Florence Loiret-Caille) assouvit son besoin d’enfant à travers sa relation à Edmond (Michel Bouquet). Cela donne lieu à une scène très explicite où Edmond décide de dormir dans la chambre de l’enfant défunt, au cas où nous n’avions pas compris. La fin fournit une agréable métaphore que je ne révélerai pas ici. Enfin, le film est habillé de musiques classiques et de plantes vertes mais n’est néanmoins pas très luxuriant. Avant tout, pour les inconditionnels de Michel Bouquet.

 

En second lieu, La Bella Gente (troisième film d’Ivano De Matteo) offrait un pitch original. En effet, un couple italien en vacances d’été recueille une jeune prostituée qu’ils espèrent sauver de la galère. Ils se butent aux critiques de leur entourage et la présence de la jeune Ukrainienne commencent à mettre en péril leur couple et leurs certitudes bien sûr. Emmené par quelques acteurs talentueux, le film s’articule autour de moments de plaisir (bonne bouffe, farniente, pêche, etc.) et de dialogues bien bâtis. Mais le cadre naturel somptueux et le confort de leur maison est bouleversé petit à petit par les réactions diverses que suscitent Nadja (la jeune prostituée). Ou comment un élément extérieur vient briser tous les équilibres et mettre en doute jusqu’à ce que l’on croyait immuable. La faiblesse des hommes face à la beauté ne manque pas d’être mise en scène. Les femmes ne sont pas en reste puisqu’elles finissent par mal vivre cette rivalité sous-jacente. Et le courage, ou la volonté de bien faire, s’efface devant un aveu d’impuissance. Malheureusement, le personnage de Nadja est proche de la neutralité et ne permet de donner un véritable corps dramatique au film. Malgré quelques lourdeurs musicales et certains clichés, La Bella Gente propose une belle variation autour de la fidélité et du destin. Mais le postulat du film est sans appel, les classes sociales ne se mélangent pas. Tant pis…

 

Troisième objet de ma curiosité, le nouveau film de l’Iranien Rafi Pitts : The Hunter, sobrement doublé du sous-titre Le chasseur en français. Merci le bureau des adaptations des titres au marché hexagonal, souvent une catastrophe. Ici, il est question d’un drame personnel inscrit dans une vie politique tumultueuse. Le protagoniste perd sa femme et sa fille, victimes de balles perdues, dans des émeutes. La seconde partie du film traitera de sa vengeance et de son rachat, en quelque sorte, face à un couple de policiers partagés entre la haine et la compassion à son égard. Film assez sombre, The Hunter se dessine en couleurs harmonieuses et plans équilibrés. Les références au cinéma américain font écho au Targets de Peter Bogdanovich notamment. Le son de Radiohead ouvre ce film vers l’Occident et rend l’histoire universelle bien qu’elle prenne racine en Iran. Sobriété et humanité composent un récit assez juste qui mérite toute notre attention. Un article plus détaillé suivra dans ces pages prochainement.

 

Quatrième titre, Santiago 73, Post Mortem (Post Mortem pour le titre original). À la réalisation, Pablo Larrain (auteur notamment du sympathique Tony Manero en 2008). Il signe ici le deuxième volet d’une trilogie sur les années troubles du Chili. Le récit baigne dans le coup d’état de Augusto Pinochet contre Salvador Allende qui date du 11 septembre 1973. Cependant, Post Mortem ne cherche pas la reconstitution classique, il va au-delà. Au lieu de coller stricto sensu à l’histoire, Pablo Larrain recompose une atmosphère de fin du monde. Certains, plus des événements que nous ne pouvons l’être, seront irrités par cette reproduction infidèle (voir à ce propos le point de vue de Patricio Guzman). Le film est porté par un personnage énigmatique : Mario (interprété par Alfredo Castro). Il semble hermétique à ce qui se déroule autour de lui et son indifférence apparente se conjugue bien avec la tonalité très sombre du film. Mario est employé d’une morgue dans la capitale chilienne. Il sera d’ailleurs de ceux qui participeront à l’autopsie de Salvador Allende. Suicide ou assassinat? Ce questionnement très présent dans le peuple chilien n’aura pas de réponse précise ici.  Car c’est la montée du fascisme et l’horreur contre laquelle rien ne semble n’être brandi qui irriguent le film. Le destin de Mario se mêle à celui de sa voisine Nancy, danseuse instable d’un cabaret. Il lui dit son amour mais les mots ne semblent pas atteindre cette femme dont les repères s’effritent. Ensuite, Santiago 73 étale les cadavres et les employés de la morgue deviennent, en quelque sorte, les complices de l’armée (bien qu’ils tentent de sauver un homme encore vivant, laissé pour mort par les militaires). Les fantômes de ces cadavres planent sur le film et font résonner une apocalypse imaginée. Il faut aller voir cette réalisation de Pablo Lorrain. Son regard très personnel donne une teinte presque fantastique à ce volet d’histoire. Par contre, pour quelle raison les images sont-elles si floues? Il ne s’agit pas d’un problème de copie puisque certains plans étaient nets. En tout cas, de gros soucis à la prise de vue. Rien qui ne ressemble à un choix artistique, présent ailleurs dans l’absence d’éclairage et le choix de couleurs « mornes » par exemple. En dehors de ces aberrations techniques, Santiago 73 fait l’effet d’une détonation extrêmement silencieuse qui ne laisse pas insensible.

 

Aujourd’hui encore, le festival Hitchcock continue avec la réédition du Crime était presque parfait. Ce film a été initialement tourné en relief stéréoscopique et il est proposé dans cette version aujourd’hui pour la première fois je crois. Séances à l’Action Christine à Paris et à l’Institut Lumière à Lyon. Sinon, Irving Rapper et Jean Renoir seront à l’honneur avec Une femme cherche son destin et Le journal d’une femme de chambre. Les grands classiques font toujours l’actualité avec les rétrospectives Welles et Lang, au Champo et à La filmothèque. Plus proche de nous et toujours venus d’outre Atlantique, Jarmusch et Peckinpah continue à résonner à La filmothèque tandis que l’Action écoles présente le délicieux programme Actors Studio, pépinières de talent. À l’affiche : L’année du dragon, Le bord de la rivière, Érin Brokovich, Monster, On achève bien les cheveaux, Casino et La mouche. Sinon, Michel Gondry a carte blanche au Centre Pompidou et le Forum s’obstine à poursuivre le temps.

 

Les fauteuils rouges vous attendent.

 

 

 

 

 


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Cette semaine, nous allons danser et pour cause, le tant attendu Black Swan arrive sur cent-soixante-quatre écrans. Les fans de Darren Aronofsky sont nombreux et le film sera à n’en pas douter un succès. Les nombreuses louanges  du travail de Nathalie Portman sont méritées. Le film est soigné, mais je dois reconnaître qu’il ne m’a pas transcendé. Sa simplicité, dans la trame du scénario, donne au film un caractère très rectiligne qui ne m’a pas séduit. De mon point de vue, il manque véritablement un ingrédient à cet opus. Le film fera sans doute l’objet d’un développement dans ces pages. J’apporterai plus de précisions à ce moment-là.

 

Les autres films de la semaine, pour certains, font résonner la foi et son ressort dans le domaine familial. Après Sahada, sorti depuis deux semaines, c’est au tour de Qui a envie d’être aimé? et Le choix de Luna de mettre le religieux au cœur des relations. Nous pourrions intégrer Tron, l’héritage à cette liste, mais il fait partie d’un registre davantage fantastique. Je m’en tiens à mon ascèse et ne ferais pas la promotion de ce film. Il ne manque pas d’intérêts cependant ma voix va aux films moins mis en avant. Le premier film nous vient de France donc. Anne Giafferi, sa réalisatrice, vient du petit écran et est connu pour avoir créée Fais pas ci, fais pas ça. Aujourd’hui, elle adapte le livre Catholique anonyme de Thierry Bizot. Il s’agit d’une comédie bien menée où le choix d’un homme est confronté aux points de vue de son entourage. Ou le difficile exercice de s’accomplir en étant incompris. Tendre et simple. Avec Le choix de Luna nous sommes à nouveau dans une configuration de ce style. Cependant, l’énergie du film tend davantage vers l’expression dramatique. En effet, les certitudes d’un couple (Luna et Amar) volent en éclats lorsque Amar se convertit au salafisme. Tension et belle interprétation emportent ce film  vers une réussite certaine. Dans un style davantage spiritualiste, l’attirant Vertiges (prix Orrizonti à Venise en 2009) nous fait la promesse d’un film sensible au sujet délicat de l’homosexualité féminine au Vietman. En espérant qu’il ne soit pas qu’un exercice de style.

 

Enfin, Quoi de neuf Pussycat? (réalisé par Clive Donner et premier film de Woody Allen en tant que scénariste et acteur) est projeté au cinéma Action Écoles. La belle brochette d’acteurs qui composent cette comédie ne manquera pas de vous arracher des rires. C’est la seule reprise de la semaine.

 

 

A noter, le Grand action profite de la sortie toute proche de True Grit, la nouvelle production des frères Coen, pour nous offrir de voir ou revoir leurs précédents films. Blood Simple (leur premier long) y est projeté dans sa nouvelle version revue et corrigée par les frères. Plus de détails ici. Sinon, l’excellent festival de courts métrages de Clermont-Ferrand résonnera au MK2 Quai de Seine le mardi 15 à 20 heures 30 (avec la collaboration du magazine Bref). La programmation par . Toujours en lien avec l’actualité et Black Swan notamment, le Brady met en avant la filmographie de Darren Aronofsky. Encore dans la série rétrospective, mais à La filmothèque cette fois, Jarmusch brûle l’écran pour la troisième semaine consécutive. A voir de toute urgence. Le cinéma américain et toujours à la fête. Heureusement, le MK2 Beaubourg nous fait visiter la Chine, la Turquie, la Thaïlande, la Roumanie et la Slovénie. Et la porte demeure toujours grande ouverte à la Maison de la culture du Japon (réservation recommandée). Enfin, nous continuons de voyager, mais dans le temps cette fois, avec l’excellente sélection de film programmés au Forum des images (La fabrique du temps).

 

Un beau voyage à chacun.

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Quelques films sympathiques et nouveau à se mettre dans l’œil et dans les oreilles cette semaine? A en croire quelques sorties, il le semblerait. Cependant, pas de quoi crier au chef-d’oeuvre. Notons malgré tout que l’Europe est bien représentée cette semaine ou, dit autrement, il n’y a qu’un film américain au programme : Le discours d’un roi, un film intéressant sans doute, mais qui ne nécessite pas une publicité supplémentaire.

 

Norvège, Slovénie et Roumanie se partagent le podium imaginaire des belles « pellicules ». Et c’est la comédie qui domine avec le film norvégien Un chic type où un ex-taulard se voit dans l’impasse et ne parvient pas à changer de vie, bien qu’il y aspire. Cette fable, légèrement déjantée et teintée à l’humour locale se laissera savourer agréablement. Dans un registre plus dramatique, Slovenian Girl narre le chemin chaotique d’une jeune femme qui doit faire de gros sacrifices pour s’en sortir. Elle mène en apparence une vie banale mais est rongée par ses secrets, ou le difficile exercice de devenir adulte dans un pays qui doute. Un peu inégal mais mérite le détour. Enfin, Morgen propose un road-movie à hauteur d’homme où la touche humoristique roumaine est immédiatement identifiable, je pense à cette nonchalance amusée si particulière que l’on retrouve dans bon nombre de productions du cru. En tout cas, le personnage principal, un Turc en exil, tente de se rendre en Allemagne pour débuter une nouvelle vie. L’homme qui doit l’aider tarde à tenir sa promesse. Ce film nous livre de beaux moments de poésie et nous touche parfois, à travers des moments d’émotion simple. Un film « bio »… Ça fait du bien de temps en temps.

 

Comme chaque semaine, de nombreuses salles invitent le spectateur à aller au-delà de la simple projection, en convoquant réalisateurs ou spécialistes à une discussion. Voici une liste des principales séances de ce style.

Les plus folles se dénicheront comme toujours au Nouveau Latina à minuit le samedi. Au programme, l’épopée sanglante de Machete dans une salle et Dis-moi que tu m’aimes ? (réalisé par John B. Root) pour Panic! Cinéma dans l’autre.

Au Champo, Nous, princesse de Clèves sera animé par Éric Naulleau, écrivain (entre autres), et Régis Sauder (pour la revue La soeur de l’ange). Mardi 8 février 20 heures.

Trente pas plus loin, à la Filmothèque, Fabrice revault, enseignant à Paris VIII viendra nous parler de La horde sauvage (Sam Peckinpah) lundi 7 à 19 heures 40. Au même endroit, Jean-François Rauger, directeur de la programmation à la Cinémathèque, présentera Pat Garret et Billy the Kid (toujours Sam Peckinpah). Mardi 19 heures 40.

Au cinéma du Panthéon, deux séances ciné-club. La première est consacrée à l’Italie avec Una vita tranquilla animée par Paolo Modugno, professeur de civilisation italienne à Science-Po. Samedi 5, 11 heures. La seconde séance fera intervenir Jean Douchet, grand spécialiste de cinéma sur Le journal d’une femme de chambre de Jean Renoir à 20 heures 30 mardi 8.

Si vous voulez quelques bouffées métaphysiques, rendez-vous au Reflet Médicis mardi à 20 heures 30, Jean-Marie Straub et Alain Badiou discuteront autour d’O Soma Luce. Il faut s’accrocher car les films qui composent la séance sont plus que dépouillés, mais Jean-Marie Straub est un personnage unique comme il en existe peu. Mardi 8 à 20 heures 30.

Dans la section histoire, on notera la projection de Section spéciale (Costa Gavras) à La Pagode.  Jacques Delarue, ancien résistant et Virginie Sansisco, spécialiste du régime de Vichy seront de la partie. Samedi 5 à 10 heures 30.

Ceci n’est qu’un aperçu tant la liste est longue. Toutefois, il est facile de se repérer dans l’offre des séances spéciales dans le sens où elles ont rarement lieu dans un UGC, un Gaumont ou un MK2 (hors avant-première). N’oublions pas non plus la Maison de la Culture du Japon qui offre toujours un programme assez fourni et permet de se cultiver gratuitement.

 

Bonne semaine à tous.

 

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Quelle belle fournée cette semaine! Les jours passent et ne se ressemblent pas. Tant mieux pour le paysage cinématographique car, après des sorties tendrement moroses et sans surprise la semaine dernière, voici quelques films qui nous (re)mettent le baume au cœur. Mais je dois prendre garde à ne pas trop m’emporter dans le sens où l’on trouvera, en salles, à boire et à manger.

LA BM DU SEIGNEUR
Réalisé par Jean-Charles Hue
Avec Frédéric Dorkel
Genre : Drame | Durée : 01h24mn
Un savoureux mélange entre Gummo et Snatch. A boire avec de la vière. Conseillé ++ 

LES CHEMINS DE LA LIBERTÉ
Réalisé par Peter Weir
Avec Colin Farrell, Ed Harris, Jim Sturgess, Mark Strong, Saoirse Ronan
Genre : Aventure | Durée : 02h14mn
Si vous n’êtes pas partis en vacances depuis un certain temps, ce film fera l’affaire : paysages somptueux, colonie de vacances animée, de bons copains. En quelques mots, le remake américain des Petits mouchoirs. Attention cependant, la musique triomphale donne la nausée. Déconseillé, quoique… 

L’AVOCAT
Réalisé par Cédric Anger
Avec Benoît Magimel, Gilbert Melki, Aïssa Maïga, Eric Caravaca, Jeanne Corporon
Genre : Policier | Durée : 01h42mn
Pâle copie de films d’actions, creux, dispensable. Grandement déconseillé. 

 

DESSINE-TOI…
Réalisé par Gilles Porte
Avec
Genre : Documentaire | Durée : 01h10mn
C’est mignon comme tout, parfois un peu trop, mais ça vaut le coup d’y aller. Nous en sortons détendus. 

COMMENT SAVOIR
Réalisé par James L. Brooks
Avec Reese Witherspoon, Paul Rudd, Owen Wilson, Jack Nicholson, Molly Price
Genre : Comédie | Durée : 01h56mn
Pauvre Nicholson. 

LA MÈRE DE VALENTINA
Réalisé par Arik Lubetzki, Matti Harari
Avec Ethel Kovinska, Silvia Drori, Yossi Oulu, Ruth Segel
Genre : Drame | Durée : 01h20mn
Ce film ne manque pas d’intérêt mais la réalisation aurait pu être plus affirmée. 

SHAHADA
Réalisé par Burhan Qurbani
Avec Maryam Zaree, Carlo Ljubek, Jeremias Acheampong, Sergej Moya, Marija Skaricic
Genre : Drame | Durée : 01h29mn
A voir. Actuel et bien mené.

93 LA BELLE REBELLE

Réalisé par Jean-Pierre Thorn
Avec Daniel Baudon (Sixties Memory), Marc Perrone, Loran (Bérurier Noir et Les Ramoneurs de Menhirs), Dee Nasty, Lionel D
Genre : Documentaire | Durée : 01h13mn
A aller voir pour des intérêts musicaux car il n’y en a pas de cinématographiques. 

ANGÈLE ET TONY
Réalisé par Alix Delaporte
Avec Clotilde Hesme, Grégory Gadebois, Evelyne Didi, Jérôme Huguet, Antoine Couleau
Genre : Drame | Durée : 01h27mn
Un peu de mal à y croire mais l’interprétation vaut le coup.
 

JE SUIS UN NO MAN’S LAND
Réalisé par Thierry Jousse
Avec Philippe Katerine, Julie Depardieu, Aurore Clément, Jackie Berroyer, Judith Chemla
Genre : Comédie | Durée : 01h32mn
Pour ceux qui doutent encore du caractère ubuesque et de la fin de Katerine, allez vous rassurer grâce à cette production fatigante. Mouais…
CARTE DES SONS DE TOKYO
Réalisé par Isabel Coixet
Avec Rinko Kinkuchi, Sergi Lopez, Manabu Oshio, Takeo Nakahara, Hideo Sakaki
Genre : Thriller | Durée : 01h49mn
Pourquoi pas? 

UN ÉTÉ SUÉDOIS
Réalisé par Fredrik Edfeldt
Avec Blanca Engström, Shanti Roney, Annika Hallin, Calle Lindqvist, Tova Magnusson-Norling
Genre : Drame | Durée : 01h36mn
Oui, oui.

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Un léger sentiment d’impuissance me submerge au regard du programme hebdomadaire. Une fois n’est pas coutume, je tire un trait sur les films de cette semaine. Je vous laisse alors avec un conseil personnel : plutôt que de se plonger dans les affres d’un Au-delà désincarné ou de traquer les vapeurs d’opium et de fumées de flingue (toutes froides) de Gigola, rendons-nous, sourire aux lèvres, voir ou revoir quelques chefs-d’œuvre de Visconti ou les merveilleux premiers films de Jarmusch (La filmothèque). N’oublions pas toutefois de piquer une tête avec The Swimmer et d’exploser la cuisine avec Zabriskie Point au Grand Action. D’un autre côté, il y a toujours un départ possible pour la Russie au Jeu de Paume grâce au programme Alexandre Sokourov, des pages cachées. L’étrange mais passionnant Werner Schroeter est encore à l’honneur chez Georges (Pompidou). Nous pourrons aller danser et chanter au Brady à travers deux classiques de la comédie musicale, ou partir en virée dans le corps humain avec Le voyage fantastique (au Méliès à Montreuil). Sinon, rien ne nous empêche d’aller récupérer certains films manqués grâce au festival Télérama. Enfin, l’Accattone regorge toujours de pépites indispensables. J’en passe et des meilleurs.

Belle semaine de cinéma à tous.

 

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Et voilà, c’est reparti pour cinquante-deux nouvelles semaines de cinéma, riches en découvertes je l’espère, florissantes pour les filmographies de petits pays et pendant lesquelles de nombreuses questions sont à résoudre. Qu’il s’agisse de l’implantation du numérique et de ses effets, de la vidéo à la demande qui décolle difficilement, du téléchargement illégal, etc. les interrogations ne manquent pas.

Comment bien démarrer l’année en salle, le choix est rude.

Avant toute chose, revenons rapidement sur quelques films sortis précédemment et qui méritent le détour pour leur ton singulier. Je pense notamment à Le Quattro Volte, fable presque biblique d’un vieil homme au milieu d’une nature filmée avec beaucoup d’amour. Simplicité et sincérité font bon ménage dans cette réalisation de Michelangelo Frammartino. Octubre (Diego Vega Vidal) narre les aventures d’un prêteur sur gages au Pérou. Comédie douce à hauteur d’hommes, Octubre signe une sympathique variation sur le thème du destin et de la foi. Plus proche de nous, Isild Le Besco nous traîne dans une histoire violente et sordide avec Bas-fonds. Interdit au moins de dix-huit ans, le film nous prend à la gorge, mais propose de belles réussites de mise en scène et un univers sonore assez  bien traitée. Enfin, Indigène d’Eurasie, dernier opus de l’ovni lituanien Sharunas Bartas, revient sur la vanité de notre monde actuel et les désirs de rédemption de quelques personnages en marge. À voir.

Concernant cette semaine, nous avons retenu le très médiatisé Somewhere de la fille Coppola dont le personnage principal semble perdu (comme beaucoup d’autres ; le thème du personnage en perte de repère, en mal d’équilibre, semble marcher à plein dans la filmographie mondiale « auteuriste ») et dont la fille soignera, en quelque sorte, la crise qu’il traverse. Recueil intimiste donc, qui n’échappe pas à quelques platitudes sans déstabiliser totalement le film. Pourquoi pas?

Pour les amoureux de culture classique, Jean-Marie Straub, figure d’un cinéma intransigeant et pur, revient à l’écran avec O Somma Luce. Cette somme de trois courts métrages, première apparition au cinéma depuis la disparition de sa complice de toujours Danièle Huillet, cite Brecht, Corneille, Dante, Rome et les bavures policières. La langue, comme toujours chez lui, est outil de cinéma et d’histoire et infuse de magnifiques textes. Au passage, je conseille à ceux qui ne connaissent pas Jean-Marie Straub et Danièle Huillet de vous pencher sur les quelques recueils d’entretien parus : des merveilles de lucidité, d’intégrité et d’intelligence.

Dans un registre différent, Fortapàsc traite du destin d’un journaliste italien assassiné par la Camorra en 1985. Bien fait, quelques traits d’humour mais sans grande surprise.

Enfin, le documentaire Pianomania révèle joliment de travail d’un accordeur à la recherche des perfections attendues par de grands pianistes contemporains. Un moment savoureux sur l’art de la musique et l’exigence des interprètes.

Bonnes toiles à tous.

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