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Archive for the ‘Brilante Mendoza’ Category

Aujourd’hui, Brillante Mendoza est sans doute le plus connu des réalisateurs philippins ici en France. Que ce soit légitime, il n’est pas facile de le dire, toujours est-il que la presse semble s’être arrêtée sur cette homme un peu par facilité. Enfin, il ne s’agit pas là du sujet.

Donc, Mendoza revient sur les écrans à travers Lola (terme qui signifie « grand-mère » dans la langue locale). Après Kinatay, sorti quelques mois plus tôt, le réalisateur a presque délaissé la violence mais campe sur ses positions : peindre la vie de familles de Manille (presque toujours assez bas sur l’échelle sociale). Avec Lola, notre attention est dirigée vers le destin de deux grand-mères qui, chacune d’elle, se retrouve confrontée à un drame. Pour la première, il s’agit du décès de son petit-fils assassiné, tandis que pour la seconde, la prison guette le sien, celui qui a naturellement tué le premier.

La démarche de deuil se confronte à la volonté d’éviter les souffrances liées à une hypothétique incarcération. Alors, les deux femmes devront composer ensemble pour tenter de trouver un compromis. Le centre du film se situe quelque part ici, entre l’envie d’honorer la mort d’un proche et vouloir racheter au diable l’âme d’un meurtrier. Plus tard, l’argent aura raison des dernières réticences de la grand-mère endeuillée.

Brillante Mendoza travaille toujours très bien ses personnages et leur offre le temps et l’espace d’exister. Parfois, nous pourrions avoir le sentiment qu’ils ne sont pas dirigés tant la légèreté les enveloppe. L’humilité se mêle à la douleur, la justice au pardon et l’adversité à la raison. Néanmoins, nous nous apercevrons qu’une des femmes l’emportera sur l’autre car elle ne dispose pas d’armes semblables pour se défendre.

Lola présente les traits d’une humanité rare à travers des personnages qui font face comme ils peuvent dans un quartier inondé à l’année. Manille est toujours omniprésente comme toile de fond mais aussi comme personnage. La pluie qui y tombe sans cesse rend la ville presque sentimentale, comme accompagnant le sort de ces dames seulement (les hommes étant relativement absent du film, comme souvent chez Mendoza, hors Kinatay). Enfin, le rythme du film est assez lent surtout lors des dérives en barques alors qu’il s’accroît lors des scènes plus urbaines. Il faut savoir se laisser porter par certaines lenteurs qui offrent de belles respirations dans le film.

Lola ne se présente pas, de mon point de vue, comme un film indispensable mais il mérite réellement d’être vu. Que ce soit pour avoir un aperçu de la société philippine et de son originalité (système judiciaire particulier par exemple) ou simplement, pour rencontrer un réalisateur important du 21ème siècle.

Le dossier de presse est disponible ici.

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