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Archive for the ‘Woody Allen’ Category

Woody Allen est devenu un monument et est, à ce titre, immanquable. Difficile de rater ses films. Chaque fois, ou presque, la presse s’étale en éloge et la curiosité pique les sceptiques qui remettent en cause le « génie » du réalisateur américain. Voici quelques extraits trouvés dans la presse :

« Un vaudeville spirituel et jazzy orchestré par un Woody Allen au mieux de sa forme. »
Olivier Delcroix (Figaroscope du 06/10/2010)

« Une galerie de grands enfants en proie à leur chimères. Woody Allen plus noir, grinçant et juste que jamais. »
Pierre Murat (Télérama n°3169)

Il n’est pas nécessaire de récolter tous les lauriers dispersés dans la presse. La plupart des articles s’accordent à voir en ce film un bon cru. En quelque sorte, à la lecture de ce positivisme général, nous en venons à nous interroger sur le fonctionnement de notre sens critique. Toutefois, je dois en convenir, ce film n’a soulevé en moi qu’un vague écœurement. Ce rire, dont parlent nombreux journalistes, ne m’a pas traversé souvent.

En effet, le film regroupe une galerie importante de personnages, la famille au sens large. Le récit se diffuse, petit à petit, à travers les membres de cette famille et leurs relations. Chacun rencontre des difficultés et résout ses problèmes de façon égoïste. L’alcool tient lieu de personnage à part entière. Woody Allen ne s’attarde pas dessus particulièrement, mais il n’hésite pas à l’inclure dans quantité de plans. Naturellement dans la ronde de ses personnages livrés aux aléas de l’existence, nous voyons la matière d’un vaudeville. Toutefois, ce manège de sentiments laisse de marbre. Noirceur et légèreté se partage l’écran et les situations s’enchaînent brutalement dans un montage-mosaïque. Ce qui rejaillit sur la densité des personnages qui, finalement, n’ont guère davantage d’épaisseur qu’une feuille de papier. Woody Allen accumule une série d’images usées et banales, telles ces scènes de voyeurisme auquel ce livre un personnage qui finira par tomber amoureux de la femme vivant en face. Ailleurs, la signification des effets de la vieillesse à travers un insert maladroit sur une boîte de Viagra. Le personnage de la mère, quittée brutalement par son mari en proie à la peur de vieillir, doit nous être insupportable et cependant elle est presque insignifiante tellement elle est caricaturale. Les autres personnages échappent, peu ou prou, à ce traitement. Woody Allen se livre comme jamais à l’art de l’esquisse, pour le pire.

Enfin, je ne souhaite m’acharner inutilement sur cette rencontre. Toujours est-il que nous pouvons nous poser la question de la réception de ce film s’il avait été le premier long d’un autre réalisateur. Je ne doute pas une seule seconde qu’il aurait été descendu par les critiques. Les monuments font partie de l’histoire et Woody Allen possède le statut d’intouchable. Peu importe où l’objectivité des journalistes est allée se loger, la misère humaine insufflée dans ce film semble s’être répandu ailleurs.

 

 

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