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Posts Tagged ‘Arkadin’

 

L’heure est à l’aventure : dans les profondeurs de la terre pour certains, vers la vengeance pour d’autres ou dans un canyon traître. L’actualité est en effet dominée par trois mastodontes venues de nos bons amis américains : Sanctum, True Grit et 127 heures. Laissons aux autres patriotes et amis des sucreries le soin de commenter la chose. Naturellement, je ne lorgne pas d’un mauvais œil la dernière production des Coen mais le temps m’a manqué jusqu’ici.

 

De l’autre côté du monde, et avec des moyens sans commune mesure, la Chine nous envoie un objet étrange intitulé Winter Vacation. Li Hongqi, coupable d’avoir réalisé cette forme très libre et déroutante a remporté le Léopard d’or à Locarno l’été dernier. Savoir combien pèse un félin comme ça dans l’histoire du cinéma relève de l’impossible. Consultez la liste des récompenses depuis la naissance du festival en 1946, vous vous ferez peut-être une petite idée. Plus sérieusement, Winter Vacation nous plonge dans le quotidien d’élèves, de familles passionnantes et d’enfants en pleine crise existentielle, dans une ville paumé et chinoise. Les jeunes, sans école donc, échangent des discussions qui ne mènent nulle part et sont aussi souriants que peut l’être un chat mort sur une nationale. Les enfants, eux, se posent des questions pas de leur age et l’on croit par instant qu’ils ont mangé un adulte. Quant à eux, les adultes, ils servent simplement de décors et demeurent profondément accessoires et inaccessibles dans leur mutisme. Composez le tout à grands coups de plans fixes, de dialogues moitié figue, moitié raisin, ajoutez-y une bande son énigmatique, aux accents électriques déplacés et vous ne serez pas loin d’obtenir la matière de Winter Vacation. Malgré tout, nous nous surprenons à rire parfois devant le désœuvrement de ces êtres d’où s’échappent des phrases banales qui, dans le contexte du film, prennent un tour tout autre. Cependant, on envisage facilement que les réactions se font différentes selon les pays (à ce propos, voir L’humour a-t-il une géographie?). Grotesque, sardonique, amère et absurde forment ce film impossible où l’avenir ne propose rien de prometteur, la famille semble inefficace et l’ordre social un fardeau. À découvrir pour les plus courageux.

 

Un autre objet intriguant émergeait cette semaine : Exit, una storia personale, film italien écrit, réalisé et produit par Massimiliano Amato. Revendiqué comme le premier film indépendant réalisé et projeté en HD numérique (grand prix de la phrase promotionnelle inutile de l’année), Exit donne mal à la tête. Réalisé avec les moyens du bord : une caméra HD, dont on perçoit fréquemment le souffle et une grosse dose de courage, le film ne parvient pas à tenir debout. Plans montés dans une frénésie maldroite, ellipse floue, temporalités élastiques, interprétation inégale constituent un travail profondément amateur assez déstabilisant. Quelques moments de réussite existent malgré tout, mais peinent à faire pencher la balance dans le bon sens. Dommage, car le thème du film méritait une sobriété dont à manquer Amato. S’il se trouve de passage des défenseurs de ce film qu’ils n’hésitent pas à le commenter ci-dessous. La projection cessa pour moi à la première demie-heure. Le difficile exercice de faire œuvre de cinéma en maniant le désordre sans virtuosité m’a jeté de la salle.

 

Troisième chapitre des sorties hebdomadaires, le nouveau forfait de Jonathan Nossiter (Mondovino) : Rio Sex Comedy, un titre farfelu, au combien évocateur de cette fable humoristique aux érections infidèles. Il y a donc du rire et des parties de jambes à l’air sous les latitudes chaudes de Rio. Mené par un pitch tordu : un ambassadeur des États-Unis s’évanouit dans une favela pour fuir ses fonctions, une chirurgienne conseille les candidates aux opérations esthétiques, un couple de Français s’installe à Rio et une tribu d’autochtones fait le délice de touristes dans un simulacre d’authenticité, le film multiplie les rebondissements. Aux commandes des rôles, Bill Pulman campe l’ambassadeur, Charlotte Rampling la chirurgienne, Irène Jacob et Jean-Marc Roulot le couple de Français entre autres. Casting international pour film trilingue (anglais, français et portugais). Tout ce beau monde se croise dans une logique intenable mais pleine de rythme. De la favela sans Orphée, le regard s’arrête sur les quartiers riches où des femmes en plastique rêve d’avoir toujours vingt ans. De la favela encore, des guides touristiques font une présentation sensationnelle et des témoignages de domestique viennent étayer le reportage sur leurs conditions de travail et de vie que mène Irène Jacob. Et c’est encore là-bas que se rendent les hommes français tombés sous le charme des rondeurs brunes des Brésiliennes, les bras chargés de présent tels de maladroits rois mages. Tout s’emmêle et tourbillonne dans un délicieux désordre où chacun vit le moment présent sans forcément penser aux conséquences. À cet égard, Rio Sex Comedy possède quelque chose d’adolescent et fou dont il serait dommage de se priver.

 

Par ailleurs, Gulliver ressort des placards, pour le pire semble-t-il mais en 3D.  Mélanie Laurent flingue sur contrat dans Requiem pour une tueuse. Bollywood, rap et sans-papiers sont passés au shaker dans Toi, moi, les autres. Mais y va où le monde? fait dans la partie de campagne aux accents altermondialistes. La flûte et le grelot vient délicatement mettre un peu de poésie animée sur les écrans et Amours salés, plaisirs sucrés donne de la papille et le cœur à qui veut.

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Ce samedi, le Champo, pour sa séance spéciale propose une belle affiche de films noirs. Deux séances de nuit au programme. La première comprend La dame de Shangai, Blood Simple (Sang pour sang) et Mystic River (respectivement d’Orson Welles, des frères Coen et de Clint Eastwood). La seconde présente The Killing (L’ultime razzia), L.A. Confidential et Mr Arkadin (Dossier secret) par Stanley Kubrick, Curtis Hanson et Orson Welles.

 

Les séances débuteront à minuit et finiront à l’aube. Pour 15 euros, vous accéderez à l’un de ces programmes et vous vous verrez servir un petit-déjeuner à l’issue des projections.

 

Une nuit blanche et noire à l’horizon.

 

Le Champo / 51, rue des écoles / 75005 Paris

métro Odéon ou Saint-Michel

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