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Je viens d’attraper le numéro 50 de Trafic. Il pose le plus simplement possible la question Qu’est-ce que le cinéma?. Vaste combat-amour auquel se livrent une armée d’auteurs. Jamais, sans doute, cette phrase ne connaîtra de réponses précises en dehors des considérations scientifiques qui déterminent le cinéma comme la projection d’un flot d’images conjuguée à la diffusion d’une bande sonore.
Dans l’intitulé du numéro 50 réside, pour la énième fois depuis l’arrivée du train, l’enfer du désir de cadrer un champ résolu, définitif, une géographie, un sens au cinéma. Impossible d’en poser les frontières, d’en écrire une définition, simplement dessiner les contours, parfaire des approches, parler au cas par cas, caresser des détails, mais jamais n’englober le tout du cinématographe à l’ère de l’expansion de la 3D.
Le cinéma enveloppe d’ivresse la vie de certaine personne, caresse l’esprit d’obsédés du noir & blanc, lave d’allégresse la noirceur de tourmentés divers, aiguise les connaissances des amateurs éclairés, offre au troisième âge un quatrième âge, remplit le ventre des affamés de nouveauté, etc. Les films, dans leur succession extravagantes, font courir sur les murs, des quantités de situations sublimées, des rôles encyclopédiques qui mêlent des histoires universelles, développent des regards enfin, dont la singularité – quand elle existe – frappe agréablement le cœur en recherche d’innovation.
En effet, pour le chercheur de cinéma, nager dans la marée noire de productions insipides relèvent du défi, car dans ce lot de projets édulcorés et financièrement valables, repérer la brillance d’une œuvre personnelle relève du défi. Aujourd’hui, nous avons lamentablement atteint, pour le bonheur du plus grand nombre, l’overdose que la technique et le financement permet : une dizaine de films au-dessus de 500 copies, une vingtaine de films qui resteront deux semaines à l’affiche et une trentaine d’autres qui voyageront obscurément dans les limbes de l’anonymat lumineux. Je schématise un état des lieux qui rend les salles d’exploitation beaucoup plus efficace dans le roulement de ces produits qu’un rayon de grande surface. En dehors de certains endroits, nécessairement orientés vers ce type de pratique, soulignons le mérite de ceux qui vont à l’encontre d’un système qui asphyxie de nouveautés la qualité, ou quand la quantité noie la multiplicité des expressions dans un brouillard commercial.
Ce serait sans compter le public dévoué au cinéma, celui qui attend une heure sous une pluie désagréable l’ouverture d’une séance, qui se rend à Pantin à patins pour Côté Courts, qui continue de sourire devant Les ailes du désir ou fait honneur à Zanussi une après-midi d’avril. Pourvu que l’amour continue de s’échanger dans ces salles sombrement éclairées de merveilles.

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