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Posts Tagged ‘Guy Maddin’

Samedi prochain, le Forum des images programme trois séances afin de découvrir certains films lauréats du célèbre festival international de court métrage de Clermont-Ferrand.

 

La première séance débute à 16 heures et reprend les films vainqueurs dans la compétition Labo.

 

Turning

de Karni And Saul / Royaume-Uni, Angleterre / animation-fiction 2010 coul. 10mn (video)
Le jour de ses six ans, dans le salon de sa mère, Robert reçoit trois magnifiques vieilles pies abîmées. Le souvenir d’un après-midi, entre thé, biscuits, jupons roses en dentelle et l’histoire d’un empereur écorché.

Film non primé

 

On the Way to the Sea (En allant vers la mer)

de Tao Gu / Canada, Québec, Chine / documentaire expérimental 2010 n&b 19min (video)
Des éléments fictifs combinés à des fragments de documentaires et à une part d’abstraction visuelle produisent une réflexion sur la fragilité de la condition humaine.
Prix spécial du jury

 

The External World (Le Monde exterieur)

de David O’Reilly / Allemagne / animation 2010 coul. n&b 15min (video)
Un garçon apprend le piano.
Prix Canal+

 

All Flowers in Time

de Jonathan Caouette / Canada, Québec, Etats-Unis / expérimental fiction 2010 coul. 13min (video)
Un signal néfaste apparaît sous la forme d’une émission de télévision néerlandaise …
Mention spéciale du jury de la presse Télérama

 

The Eagleman Stag

de Michael Please / Royaume-Uni, Angleterre / animation fiction 2010 n&b 8mn (video)
Un homme est obsédé par ses troubles de la perception du temps et va employer les grands moyens pour y remédier.
Prix de la presse Télérama

 

Night Mayor (Maire de nuit)

de Guy Maddin / Canada / expérimental 2009 n&b 13min (video)
Winnipeg, 1939. Un immigrant bosniaque au Canada imagine un moyen d’utiliser la puissance d’une aurore boréale pour diffuser d’une côte à l’autre des image de son cher et immense pays d’adoption.
Grand prix

 

Big Bang Big Boom

de Blu / Italie / animation 2010 coul. 9mn (video)
Une courte histoire non scientifique sur l’évolution et ses effets possibles.
Prix du public

 

À 18 heures 30, la second séance présente le palmarès de la compétition internationale.

 

Les Minutes, les heures (Los Minutos, las horas)

de Janaina Marques / Cuba, Brésil / fiction 2009 coul. 11min (35mm)
Yoli a toujours vécu avec sa mère, dans un quartier pauvre de La Havane. Un jour, un homme l’invite à un rendez-vous. Elle décide de l’attendre, et refuse pour la première fois la compagnie de sa mère.
Prix spécial du jury

 

On a marché sur Alpha 46 (Yuri Lennon’s Landing on Alpha 46)

de Anthony Vouardoux / Allemagne, Suisse / fiction 2010 coul. 14min (35mm)
Juste après son atterrissage sur Alpha 46, une lune de Jupiter, le cosmonaute Yuri Lennon se retrouvera confronté à un paradoxe extraordinaire.
Prix des médiathèques

 

Sale nuit pour broyer du noir (Bad Night for the Blues)

de Chris Shepherd / Royaume-Uni / fiction 2010 coul. 15min (vidéo)
Quand vient votre tour de sortir Tatie, deux solutions : prendre ses jambes à son cou, ou prendre son mal en patience.
Prix Canal+ (ex æquo)

 

Kawalek lata (Un bout d’été)

de Marta Minorowicz / Pologne / documentaire 2010 coul. 24min (vidéo)
Les derniers jours des vacances d’été. Un homme qui travaille dans les Bieszczady passe du temps avec son petit-fils. Entourés par une nature sauvage, ils tentent de se comprendre mutuellement.
Grand prix

 

Les Journaux de Lipsett

de Theodore Ushev / Canada / animation 2010 coul. 14min (35mm)
Arthur Lipsett, célèbre cinéaste expérimental canadien, est mort à 49 ans. Épousant la forme du journal intime, le film nous entraîne dans les méandres de la maladie mentale, alors que se bousculent et s’entrechoquent les images et les sons évoquant l’enfance solitaire de l’artiste, sa frénésie créatrice et sa chute vertigineuse dans la dépression et la folie.
Prix du meilleur film d’animation

 

Peaceforce

de Peter Gornstein / Danemark / fiction 2010 coul. 19min (vidéo)
Dans un avenir proche, dans un monde où le capitalisme est en bout de course, Daniel, jeune officier de Peaceforce, rencontre Jesper, porte-parole d’un groupe de résidents locaux. Jesper prétend qu’un éléphant indomptable lâché dans la ville s’attaque à la population.
Prix Canal+ (ex æquo)

 

Sucre (Suiker)

de Jeroen Annokkeé / Pays-Bas / fiction 2010 coul. 8min (35mm)
Klaasje, la voisine de Bert, sonne à sa porte, légèrement vêtue, pour lui emprunter un pot de sucre. Elle échappe le pot, ils se penchent en même temps pour le rattraper et se cognent la tête : Klaasje dégringole les escaliers.
Prix du public et Prix du rire « Fernand Raynaud »

 

 

La troisième partie de cette soirée spéciale fera honneur à la compétition nationale à 21 heures.

 

La Dame au chien

de Damien Manivel / France / fiction 2010 coul. 16min (35mm)
Par une chaude après-midi d’été, un jeune homme trouve un chien égaré dans un parc municipal. Il décide de le ramener à son propriétaire. Une grosse dame noire, à moitié ivre, lui ouvre et lui propose d’entrer pour le remercier. Ils s’installent au salon.
Prix spécial du jury

 

M’échapper de son regard

de Chen Chen / France / animation 2010 coul. 3mn (video)
Un jour, Monsieur Wang remarque qu’il y a un coq sur un marché qui le regarde.
Prix de la meilleure musique originale

 

Un juego de ninos (Un jeu d’enfants)

de Jacques Toulemonde Vidal / France, Colombie / fiction 2010 coul. 18mn (35 mm)
Pablo, un adolescent issu de la bourgeoisie bogotaine, est agressé par Leo, un jeune homme à peine plus vieux que lui, de condition défavorisée. Pour sauver sa vie, Pablo emmène Leo chez son meilleur ami : Federico. Ils se découvrent des goûts, des envies, des problèmes communs.
Prix de l’Acsé, Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances

 

Tremblay-en-France

de Vincent Vizioz / France / fiction 2010 coul. 22min (35mm)
James, un Écossais, débarque un soir à Paris. Il est à la recherche de Claire Krapazinski. Sans mesurer l’étendue du chemin qui l’attend, il se lance dans une marche obstinée, en quête d’une lointaine ville de banlieue.
Grand prix

 

L’ Accordeur

d’Olivier Treiner / France / fiction 2010 coul. 13min (35mm)
Adrien est un jeune pianiste prodige. Il travaille désormais comme accordeur de pianos. Il s’invente un masque d’aveugle pour pénétrer l’intimité de ses clients. À force de voir des choses qu’il ne devrait pas, Adrien se retrouve témoin d’un meurtre.
Prix du public, Prix de la jeunesse

 

J’aurais pu être une pute

de Baya Kasmi / France / fiction 2010 coul. 24min (35mm)
Pourquoi Mina suit-elle ce vieux monsieur à l’air paisible ? Qu’a-t-elle projeté de faire avec ce sécateur géant ? Est-elle folle ? Ou dangereuse ? Pierre n’a pas le temps d’y réfléchir. Mina fait une crise de spasmophilie, et tombe littéralement sur lui à la caisse d’un grand magasin, persuadée qu’elle va mourir.
Prix de la meilleure première œuvre de fiction

 

 

Les informations relatives aux films sont tirées du site du Forum des images.

 

 

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My Winnipeg est le dernier film de l’étrange et passionnant réalisateur canadien Guy Maddin. Le film initialement réalisé en 2007, n’est arrivé en France que fin 2009. Le nombre de copies limité n’a pas permis au film d’avoir un réel impact sur le public et c’est assez regrettable. L’auteur est assez conscient de ce phénomène et s’en amuse. À travers un court monologue, lors d’une promenade au Père Lachaise, le cinéaste se rassurait en disant qu’il sera connu vingt ans après sa mort. Cette interview est disponible dans le numéro 161 du Magazine Court-circuit/Arte.

Avant d’aller plus loin, voici la bande annonce :

Concernant ce long-métrage assez court, il faut d’abord dire que Winnipeg est la ville natale du cinéaste et que ce film était une commande « indirecte » de la chaîne Documetary Channel. Avant My Dad is 100 years old en 2005, Maddin ne s’était essayé au genre documentaire. Déjà, dans My Dad il prenait une grande liberté de ton vis-à-vis de cette forme. Les thèmes suggérés étaient les trains et Winnipeg. Après une genèse compliquée, Maddin réussissait enfin à boucler son film.
Côté interprétation, on notera la présence à la fois lumineuse et froide de Ann Savage, égérie des films de série B, connue principalement pour son rôle dans Detour d’Edgar G. Ulmer en 1945. Winnipeg fut d’ailleurs sa dernière participation car Ann Savage disparaissait le 25 décembre 2008. Quant à Louis Negin jouant Mayor Cornish, il est habitué des tournages du cinéaste. Guy Maddin est représenté par Darcy Fehr, lui aussi familier de l’auteur. Enfin, Amy Stewart joue Janet Maddin. Un choix étrange quand on sait que cette actrice pratique son activité principalement dans les séries américaines. La mère, comme souvent chez Guy Maddin, dégage une force castratrice, relayée dans la bande son par la musique d’Ivan le Terrible de Prokofiev. Ce personnage emblématique imprime véritablement une puissance dramatique au film.

Concernant la forme de Winnipeg, le style de Maddin se reconnaît dès les premières secondes : noir & blanc presque crasseux, atmosphère onirique, saut de registre, etc. Ensuite, nous plongeons dans un bouillonnement d’images d’archives, de scènes tournées et d’animation. Le rythme se balance entre le somnambulisme des passages en train et des empilements d’images attachées à l’histoire de la ville. Une voix off nous hypnotise littéralement de temps à autre. Plus loin, la voix maternelle nous ramène à la réalité.

Winnipeg nous est montrée comme un endroit glacial, vide, en train de mourir. Son présent qui s’enfonce dans la léthargie se confronte à un passé glorieux. Ce passé est d’ailleurs saupoudrée d’anecdotes savoureuses, telles ces chevaux fuyants un incendie, surgelés dans le fleuve (voir l’image plus haut). Le présent par contre, s’incline devant la disparation de formes symboliques. Ainsi, l’arène du hockey vouée à une lente agonie. L’auteur parle de ces moments passés à soutenir l’équipe locale et regarde avec nostalgie ce temple s’effondrer. Winnipeg est aussi présentée comme une ville paranormale où certains personnages s’adonnent à des séances de spiritisme baroques. Le cinéaste réussit là où il était inquiet. En effet, il s’interrogeait sur sa capacité à parler d’une ville qu’il connaît tant. Pourtant, cette dernière traverse déjà en filigrane une grande partie de ces précédentes réalisations. Il réalise un portrait à la fois touchant et acerbe d’une ville qu’il ne peut quitter, autour de laquelle il ne cesse de tourner pour mieux y revenir. L’image de la fourche qui réapparaît souvent est comme le sexe de cette femme d’où chaque homme est sorti. Winnipeg le recrache et l’avale à nouveau.

My Winnipeg fait penser à une histoire d’amour aux relents psychanalytiques, le balancement du train et la répétition du mot Winnipeg aidant. Tout comme l’existence de rues de seconde zone dans lesquelles l’auteur se perd, ou encore la recherche de clefs d’adresses énigmatiques. My Winnipeg mêle la mémoire au vivant, les blessures au rire, la politique au sport. Un film à la première personne très personnel dont on s’intéresse peut de savoir, finalement, s’il s’agit ou non d’un documentaire. My Winnipeg est une expérience sensorielle et sensible magnifique, enivrante et entêtante, le souffle d’un cinéma singulier vital.

My Winnipeg
Canada – 2007 – 1h19 – couleurs et noir & blanc – 1.85 – dolby
Réalisation et scénario Guy Maddin / Interprétation Ann Savage, Louis Negin, Darcy Fehr et Amy Stewart / Image Jody Shapiro / Montage John Gurdebecke / Direction artistique Rejean Labrie / Production Documentary Channel / Producteurs Jody Shapiro, Phyllis Laing / Distribution Ed Distribution / Avec le soutien du GNCR

La sortie du DVD devrait bientôt avoir lieu grâce à l’excellent personnel d’Ed Distribution.

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