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18 janvier 2010, 19h55 au Reflet Médicis, séance suivi d’une intervention de Laurence Schifano, spécialiste du cinéma de Luchino Visconti, auteure notamment de Visconti : une vie exposée.

Senso est pour moi un film très difficile à chroniquer dans le sens où je ne suis pas un grand connaisseur de Visconti et mes rapports à cette page de l’histoire de l’Italie côtoient le néant. Le cinéaste s’est appuyé sur la nouvelle de Camillo Boito dont il s’est servi comme point de départ, à partir duquel il a librement écrit le scénario. Senso traite d’un épisode du Risorgimento où une manifestation anti-autrichienne va éclater. Pour tenter de faire simple, cette période de l’histoire met en jeu la question de l’unification de l’Italie. Français et Autrichiens vont jouer des rôles différents dans ce mouvement. Les premiers y voient une occasion de soutenir une lutte qu’ils estiment juste tandis que les seconds craignent pour la puissance de leur empire. Au terme de trois guerres d’Indépendance, l’Italie sera unifiée en 1870 et sa capitale sera installée à Rome en juin 1871.
Assez naturellement, le film vise à mettre en lumière l’opposition qui existe entre les Italiens et les Autrichiens. Le marquis Ussoni, interprété par Massimo Girotti, prend à partie le lieutenant Franz Mahler joué par Farley Granger lors d’une représentation du Trouvère de Verdi. Ussoni, plus tard, sera arrêté puis condamné. Sa cousine, la comptesse Livia Serpieri (Alida Valli), tentera de le faire délivrer mais échouera. Entre temps, elle revoit le lieutenant Mahler et s’en éprend. Ici, le film bascule dans un certain sens de la politique au drame amoureux. Cependant, ces deux thèmes resteront habilement liés jusqu’à la fin. Visconti s’exprime d’ailleurs ainsi :
« Mon idée était de dresser un tableau d’ensemble de l’histoire italienne sur lequel se détacherait l’aventure personnelle de la comtesse Serpieri, mais celle-ci, au fond, n’était que la représentation d’une certaine classe. » Alors la passion folle d’une relation impossible se mêle aux événements de Custozza, pendant laquelle l’armée italienne perd au profit des Autrichiens. Mais cette défaite n’est rien car le destin du couple Serpieri/Mahler suit l’inexorable perdition de l’armée autrichienne. Ainsi, Visconti vise à condamner la classe à laquelle appartient la comtesse et à présenter l’affaiblissement de l’influence des Autrichiens.
Côté formel, Senso s’exprime dans un Technicolor très soutenu, auquel la restauration rend assez bien hommage. Les musiques de Verdi et de Bruckner viennent naturellement accompagner cette image. Elles viennent servir la touche opéra du film. C’est d’ailleurs sans doute Senso qui introduit ce genre au cinéma.
L’interprétation est remarquable. Les personnages principaux font véritablement vibrer leur rôle. Néanmoins, je n’ai pu me dégager de l’ambiance Santa Barbara dans laquelle m’a plongé la représentation. Ce sentiment gâcha mon plaisir et je ne pus pénétrer plus en avant dans le film, me tenant à une distance qui m’empêchait d’en saisir les qualités. Au moment de l’intervention de Laurence Schofino, je sentais une frustration terrible montée en moi d’un côté, de l’autre, l’énervement de ne pouvoir soutenir une autre thèse face à une telle dithyrambe. Ainsi, je ne voyais plus qu’en Senso un monument d’artifice quand j’aurais du m’émerveiller de la mise en scène.

Senso
Italie – 1954 – 1h58 – Couleur
Réalisation Luchino Visconti / Scénario Luchino Visconti, Sou Cecchi d’Amico / D’après la nouvelle de Camillo Boito / Interprétation Alida Valli, Farley Granger, Massimo Girotti, Heinz Moog, Rina Morelli, Marcella Mariani, Christian Marquand / Musique Giuseppe Verdi, Anton Bruckner / Collaboration aux dialogues Paul Bowles, Tennessee Williams / Montage Mario Serandrei / Costumes Marcel Escoffier, Piero Tosi / Production Lux Film

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