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Posts Tagged ‘Woody Allen’

Cette semaine, nous allons danser et pour cause, le tant attendu Black Swan arrive sur cent-soixante-quatre écrans. Les fans de Darren Aronofsky sont nombreux et le film sera à n’en pas douter un succès. Les nombreuses louanges  du travail de Nathalie Portman sont méritées. Le film est soigné, mais je dois reconnaître qu’il ne m’a pas transcendé. Sa simplicité, dans la trame du scénario, donne au film un caractère très rectiligne qui ne m’a pas séduit. De mon point de vue, il manque véritablement un ingrédient à cet opus. Le film fera sans doute l’objet d’un développement dans ces pages. J’apporterai plus de précisions à ce moment-là.

 

Les autres films de la semaine, pour certains, font résonner la foi et son ressort dans le domaine familial. Après Sahada, sorti depuis deux semaines, c’est au tour de Qui a envie d’être aimé? et Le choix de Luna de mettre le religieux au cœur des relations. Nous pourrions intégrer Tron, l’héritage à cette liste, mais il fait partie d’un registre davantage fantastique. Je m’en tiens à mon ascèse et ne ferais pas la promotion de ce film. Il ne manque pas d’intérêts cependant ma voix va aux films moins mis en avant. Le premier film nous vient de France donc. Anne Giafferi, sa réalisatrice, vient du petit écran et est connu pour avoir créée Fais pas ci, fais pas ça. Aujourd’hui, elle adapte le livre Catholique anonyme de Thierry Bizot. Il s’agit d’une comédie bien menée où le choix d’un homme est confronté aux points de vue de son entourage. Ou le difficile exercice de s’accomplir en étant incompris. Tendre et simple. Avec Le choix de Luna nous sommes à nouveau dans une configuration de ce style. Cependant, l’énergie du film tend davantage vers l’expression dramatique. En effet, les certitudes d’un couple (Luna et Amar) volent en éclats lorsque Amar se convertit au salafisme. Tension et belle interprétation emportent ce film  vers une réussite certaine. Dans un style davantage spiritualiste, l’attirant Vertiges (prix Orrizonti à Venise en 2009) nous fait la promesse d’un film sensible au sujet délicat de l’homosexualité féminine au Vietman. En espérant qu’il ne soit pas qu’un exercice de style.

 

Enfin, Quoi de neuf Pussycat? (réalisé par Clive Donner et premier film de Woody Allen en tant que scénariste et acteur) est projeté au cinéma Action Écoles. La belle brochette d’acteurs qui composent cette comédie ne manquera pas de vous arracher des rires. C’est la seule reprise de la semaine.

 

 

A noter, le Grand action profite de la sortie toute proche de True Grit, la nouvelle production des frères Coen, pour nous offrir de voir ou revoir leurs précédents films. Blood Simple (leur premier long) y est projeté dans sa nouvelle version revue et corrigée par les frères. Plus de détails ici. Sinon, l’excellent festival de courts métrages de Clermont-Ferrand résonnera au MK2 Quai de Seine le mardi 15 à 20 heures 30 (avec la collaboration du magazine Bref). La programmation par . Toujours en lien avec l’actualité et Black Swan notamment, le Brady met en avant la filmographie de Darren Aronofsky. Encore dans la série rétrospective, mais à La filmothèque cette fois, Jarmusch brûle l’écran pour la troisième semaine consécutive. A voir de toute urgence. Le cinéma américain et toujours à la fête. Heureusement, le MK2 Beaubourg nous fait visiter la Chine, la Turquie, la Thaïlande, la Roumanie et la Slovénie. Et la porte demeure toujours grande ouverte à la Maison de la culture du Japon (réservation recommandée). Enfin, nous continuons de voyager, mais dans le temps cette fois, avec l’excellente sélection de film programmés au Forum des images (La fabrique du temps).

 

Un beau voyage à chacun.

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Woody Allen est devenu un monument et est, à ce titre, immanquable. Difficile de rater ses films. Chaque fois, ou presque, la presse s’étale en éloge et la curiosité pique les sceptiques qui remettent en cause le « génie » du réalisateur américain. Voici quelques extraits trouvés dans la presse :

« Un vaudeville spirituel et jazzy orchestré par un Woody Allen au mieux de sa forme. »
Olivier Delcroix (Figaroscope du 06/10/2010)

« Une galerie de grands enfants en proie à leur chimères. Woody Allen plus noir, grinçant et juste que jamais. »
Pierre Murat (Télérama n°3169)

Il n’est pas nécessaire de récolter tous les lauriers dispersés dans la presse. La plupart des articles s’accordent à voir en ce film un bon cru. En quelque sorte, à la lecture de ce positivisme général, nous en venons à nous interroger sur le fonctionnement de notre sens critique. Toutefois, je dois en convenir, ce film n’a soulevé en moi qu’un vague écœurement. Ce rire, dont parlent nombreux journalistes, ne m’a pas traversé souvent.

En effet, le film regroupe une galerie importante de personnages, la famille au sens large. Le récit se diffuse, petit à petit, à travers les membres de cette famille et leurs relations. Chacun rencontre des difficultés et résout ses problèmes de façon égoïste. L’alcool tient lieu de personnage à part entière. Woody Allen ne s’attarde pas dessus particulièrement, mais il n’hésite pas à l’inclure dans quantité de plans. Naturellement dans la ronde de ses personnages livrés aux aléas de l’existence, nous voyons la matière d’un vaudeville. Toutefois, ce manège de sentiments laisse de marbre. Noirceur et légèreté se partage l’écran et les situations s’enchaînent brutalement dans un montage-mosaïque. Ce qui rejaillit sur la densité des personnages qui, finalement, n’ont guère davantage d’épaisseur qu’une feuille de papier. Woody Allen accumule une série d’images usées et banales, telles ces scènes de voyeurisme auquel ce livre un personnage qui finira par tomber amoureux de la femme vivant en face. Ailleurs, la signification des effets de la vieillesse à travers un insert maladroit sur une boîte de Viagra. Le personnage de la mère, quittée brutalement par son mari en proie à la peur de vieillir, doit nous être insupportable et cependant elle est presque insignifiante tellement elle est caricaturale. Les autres personnages échappent, peu ou prou, à ce traitement. Woody Allen se livre comme jamais à l’art de l’esquisse, pour le pire.

Enfin, je ne souhaite m’acharner inutilement sur cette rencontre. Toujours est-il que nous pouvons nous poser la question de la réception de ce film s’il avait été le premier long d’un autre réalisateur. Je ne doute pas une seule seconde qu’il aurait été descendu par les critiques. Les monuments font partie de l’histoire et Woody Allen possède le statut d’intouchable. Peu importe où l’objectivité des journalistes est allée se loger, la misère humaine insufflée dans ce film semble s’être répandu ailleurs.

 

 

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